mardi 18 avril 2017

LES POUPÉES VAUDOU

Contrairement à ce que laisse entendre la croyance populaire, il n’existe aucune poupée qui, à elle seule, peut être considérée comme une véritable «poupée vaudou». Afin d’obtenir ce genre d’outil magique très particulier, il y a un mode d’emploi qui se doit d’être suivi à la lettre. Nous allons d’ailleurs vous expliquer le tout en détail.
Mais avant d’aborder le vif du sujet, soulignons que les praticiens de magie sympathique, ceux qui utilisent des images afin de représenter une personne bien précise, puisent leurs racines directement au cœur même des plus pures traditions vaudou. Cependant, les nombreuses années d’utilisation de cet outil magique ont modifié son application.
Originalement, les poupées étaient de puissantes armes de magie noire et de désolation – elles le sont toujours d’ailleurs. On y plantait des dagydes (aiguilles) en certains endroits précis du corps dans le but de faire souffrir les personnes à envoûter. Au fil du temps, avec l’avènement des pratiques modernes, les sorciers ont commencé à employer les poupées vaudou pour plus d’un but, si bien qu’aujourd’hui leur emploi touche non seulement la vengeance et l’attaque, mais aussi l’amour, la santé, la prospérité, la protection, la spiritualité, etc.
La grande différence entre les poupées qu’on connaît aujourd’hui dans les pratiques de magie sympathique et celles reliées aux pratiques de magie noire de l’époque médiévale, faites alors de bois, de cire et d’autres matériaux, c’est que la méthode préparatoire et les rituels ne sont pas les mêmes. D’ailleurs, les poupées vaudou sont probablement les outils les plus populaires de tous, en raison de leur efficacité, et elles ont largement contribué à faire connaître le vaudou dans le monde entier.
Voyons maintenant la partie pratique où il sera question de la procédure à suivre afin de pratiquer cette puissante magie avec succès et d’asservir toute personne à votre pouvoir...
LA FABRICATION DES POUPÉES
Deux notions essentielles sont à retenir dans la fabrication des poupées: la couleur et la matière de base.
Nous savons à présent que l’emploi de poupées offre au sorcier vaudou de multiples possibilités, car leur champ d’action est pratiquement infini. La première chose à déterminer est la bonne couleur à utiliser. Bien que plusieurs sorciers n’y attachent que peu ou pas d’importance, nous croyons que les poupées de la couleur appropriée renforceront le symbolisme au cours d’un rituel. Pour vous faciliter la tâche, retenez que les poupées vaudou interagiront selon la même analogie des couleurs que les bougies, à la différence qu’ici ce ne sera pas la couleur de la cire dont on tiendra compte, mais la couleur du matériel à utiliser selon le but du rituel visé.
La couleur étant définie, vous devez à présent décider du matériel à partir duquel votre poupée sera confectionnée. Généralement, une bonne poupée vaudou sera fabriquée d’un simple tissu de coton, qui sera par la suite cousu à l’aide d’une aiguille et de fil, avant d’être finalement bourrée d’herbes.
Vous n’êtes toutefois pas obligé de vous limiter à cette simple démarche. Si vous ne désirez pas vous en tenir aux poupées de tissu, vous avez la possibilité d’utiliser de la glaise, de la cire, ou même une racine quelconque ayant une forme humaine, même grossière. Vous remarquerez cependant, en travaillant, qu’il n’est pas aussi aisé d’incorporer des ingrédients à l’intérieur d’une poupée de cire, et encore moins de trouver une racine parfaitement appropriée; dans ce dernier cas, les ingrédients supplémentaires, comme les objets-liens, devront être attachés sur la poupée. Vous avez le choix, alors à vous d’employer la méthode qui vous semble la plus efficace, mais aussi la plus facile!
LE MODE DE CONFECTION
Nous allons maintenant vous expliquer comment fabriquer les poupées en tissu; si vous décidez de confectionner votre poupée à partir d’un autre matériau, prenez quand même le temps de lire les explications suivantes, car elles vous démontreront comment parfaire leur fabrication.
Commencez par tailler un rectangle de tissu de coton assez grand pour ce que vous aurez à faire, mais en retenant que la taille, ici, n’est pas un élément déterminant (nous voulons dire par là que votre poupée n’a pas besoin d’être grosse pour être efficace, la taille d’une Barbie est tout à fait idéale). Pliez le tissu en deux et dessinez grossièrement au crayon une forme humaine telle qu’illustrée au début de ce chapitre. Découpez ensuite votre patron à l’aide d’une paire de ciseaux; vous obtiendrez ainsi deux morceaux de la même dimension. Placez-les l’un contre l’autre et cousez-les ensemble en suivant les rebords, tout en prenant soin de ne pas coudre le bout de la tête, car cette partie devra demeurer ouverte, de façon que vous puissiez y insérer, le moment venu, les herbes qui serviront à remplir votre poupée. Lorsque vous aurez terminé du fil et de l’aiguille, prenez quelques poignées d’herbes et remplissez entièrement la poupée; vous aurez peut-être besoin de les écraser légèrement pour qu’elles puissent emplir les parties un peu plus étroites – notez que vous pouvez également utiliser des herbes correspondant à votre désir (voir Le vaudou botanique au chapitre 4) afin de renforcer la puissance d’action de votre poupée vaudou. Si vous avez opté pour de la terre glaise ou de la cire comme matière de base, incorporez-y quelques herbes au moment où vous la pétrissez.
Il ne vous reste plus maintenant qu’à refermer l’ouverture de la tête (ou à façonner la matière dont vous vous êtes servi – glaise, cire, etc. –) pour lui donner un aspect humain.
Finalement, il est important de reproduire, même grossièrement, quelques-uns des traits humains tels que les yeux, la bouche, le cœur et les organes génitaux.
Voilà, la fabrication de votre poupée est maintenant terminée!
LES OBJETS-LIENS
Lorsqu’on pratique la magie vaudou des poupées, on fait alors ce qu’on appelle communément aujourd’hui de la magie sympathique, c’est-à-dire que la poupée représentera une personne quelconque ou vous-même, et servira comme «agent» central d’un sortilège. La poupée sera le lien psychique entre la personne qu’elle représente et la magie du rituel; le praticien devra nécessaire ment avoir une image mentale claire de la personne représentée.
Il est par ailleurs très efficace d’inclure à même la poupée (ou d’y attacher, selon le matériau dont vous vous êtes servi) un objet ayant appartenu à la personne impliquée dans le rituel; il peut s’agir d’une photographie, d’une mèche de cheveux, de rognures d’ongles, de quelques gouttes de sang, de quelques fluides corporels, voire d’un morceau de vêtement. Cet objet-lien – tel est son nom – est le véritable support magique, car il constitue le pont entre la poupée vaudou et la personne qu’on soumettra à l’emprise de l’envoûtement. Il ne vous restera alors plus qu’à baptiser, c’est-à-dire nommer, cette poupée au nom de la personne à laquelle le sort est adressé.
LES DAGYDES
On nomme dagydes les aiguilles rituelles utilisées en magie vaudou; celles-ci peuvent être de simples aiguilles métalliques, de petits clous fins ou même de communes épines (de pin ou de sapin, notamment). Les dagydes sont utilisées lors d’un rituel de magie sympathique afin d’indiquer les endroits précis où la puissance magique doit se diriger afin d’opérer, ou les parties du corps qu’on désire affecter, que cela soit en bien ou... en mal.
L’ACTE DE BAPTÊME
Lorsque vous entamez un rituel, vous devez impérativement et concrètement baptiser votre poupée vaudou afin qu’elle devienne la personne qu’elle doit représenter. Pour ce faire, prenez un peu de sang sur le bout de votre index, tracez une croix sur le front de votre poupée en la nommant au nom de la personne visée, puis prononcez cette phrase trois fois:
Tu es [nommez la personne]
Tu es [nommez la personne]!
Tu es [nommez la personne]!
Comme vous pouvez le constater, l’acte de baptême est simple, mais le vaudou considère cette gestuelle comme plus que suffisante pour accomplir parfaitement la tâche.